Comment cela fonctionne?
Le maintient de la qualité de l’eau va donc être la première préoccupation de tout concepteur ou détenteur de bassins. Malheureusement, il faut bien reconnaître qu’il n’est pas toujours aisé de maintenir ce précieux liquide dans la "norme" permettant à la faune et à la flore d’évoluer normalement. Cela est d’autant plus difficile que contrairement à un lac ou l’eau se renouvelle généralement par les apports d’eau fraiche issus de ruisseaux, dans nos aménagements nous allons créer un milieux presque clos.
Si cela présente l’avantage de pouvoir contrôler en grande partie les «intrants» (éviter les eaux de ruissellement, végétaux ...), cela nous oblige à avoir toujours à l’esprit la première grande règle, qui veut que comme l’a dit Lavoisier, dans la nature « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » ; par conséquent tout ce qui va entrer dans notre bassin (feuilles, pollen, animaux, bactéries, métaux...) va y rester sous une forme ou une autre et s’y transformer.
Les feuilles, fleurs et autres matières végétales, ou animales (débris de peaux, cheveux humains, insectes ,etc ...) vont s’y décomposer ; les métaux lourds, pesticides, etc... provenant des eaux de remplissage ou des pluies (zinc ou cuivre issus des gouttières et canalisations ; plomb, soufre... issus de la pollution atmosphérique) vont s’y accumuler; les roches s’y dissoudre (calcaire..) et les algues, bactéries, virus et autres êtres vivants vont s’y développer plus ou moins vite ...
Nous allons donc devoir traiter toute cette "pollution" de l’eau qui est principalement due à la matière organique issue des déchets végétaux et animaux et de l’eau de remplissage. Cette matière organique est elle même essentiellement composée de Carbone, d’Azote et de Phosphore et notre filtration par lagunage va se charger de transformer ou de consommer ces produits et donc d'arriver à un état inoffensif pour la vie et compatible avec la baignade.
Cette dégradation est régis par des cycles naturels que nous allons favoriser et contrôler en installant un support de fixation à la fois pour les bactéries qui effectuent ces transformations et pour les plantes qui en consomme les produits.
La première étape consiste à débarrasser l'eau des matières en suspension (MES). Pour cela l'eau est aspirée en partie depuis le fond du bassin et en partie depuis la surface. Cette première phase va préparer la matière organique pour la filtration biologique en la solubilisant et en opérant une première dégradation de l’azote organique en Ammoniac/Ammonium.
A ce stade, l’eau est donc chargée d’azote sous forme ammoniacale.
L’eau débarrassée de ses MES est injectée via une pompe basse consommation dans la filtration biologique proprement dite. Là elle est forcée de passer à travers différentes couches de substrat et enfin par la couche de surface ou prolifèrent les racines des plantes épuratrices. Les différents substrats servent de support aux bactéries du cycle de l ‘azote qui vont dégrader la matière organique et notamment l’Azote ammoniacal et le transformer en nitrites (toxique pour les poissons) puis en nitrates assimilables par les plantes.
Celles ci vont s’en servir pour leur croissance et produire leur feuilles etc... consommant ainsi ces nitrates; Un faucardage régulier de leurs parties aériennes éliminera donc cette fraction de l’azote et de phosphore de l’eau du bassin achevant l’épuration.
L'eau contient maintenant de faibles quantités d'azote, de phosphore et de carbone. Comme le cycle de filtration traite le volume d'eau du bassin au minimum 2 x par jour, un nettoyage régulier pour limiter la décomposition de matière organique dans l'eau facilitera le travail de la filtration et garantira ainsi une qualité d'eau optimale
Un processus personnalisé.
Au dela de ce fonctionnement "général" on comprend bien que chaque projet est unique ne serait ce que par la "pollution" prévisible qu'il va falloir traiter : plantations à proximité, nombre de baigneurs potentiels...
La filtration que nous vous proposons est donc étudiée d’une part en fonction de la configuration propre de votre aménagement et d’autre part en fonction des contraintes de dimensionnement spécifiques à l’épuration biologique (les cycles évoqués plus haut).